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Vers un renouveau de l’EPRA ?

L’assemblée générale du GIP EPRA du lundi 25 juin 2012 devrait marquer un tournant dans l’histoire de ce groupement d’intérêt public d’échanges et de productions radiophoniques. Parmi les membres élus du conseil d’administration, sept représentants de radios associatives, avec pour mission la redéfinition de cet outil essentiel à l’action des radios dans leurs territoires. Une tâche à la mesure de l’intérêt que représente l’EPRA pour les radios associatives après que les réductions budgétaires subies sous le précédent gouvernement ont manqué de faire disparaître le groupement...

Grand artisan de la défense et de la promotion de l’EPRA, membre du Syndicat National des Radios Libres, Patrice Berger vient d’être élu parmi les représentants radios. Le président de Radio D’Ici (à Saint Julien-Molin-Molette, dans la Loire) nous donne sa vision de l’avenir du GIP.

Patrice Berger

MédiasCitoyens : L’assemblée Générale 2012 de l’EPRA s’est déroulée lundi 25 juin. Pouvez-vous nous rappeler le contexte dans lequel cette assemblée se tenait ?

Patrice Berger : L’EPRA est un système d’échanges de programmes entre radios associatives. Il s’agit d’un GIP, un groupement d’intérêt public, qui permet d’associer des représentants de l’Etat et des associations. Les GIP sont mis en place en général pour une durée de 5 ans. Le mandat des représentants élus des radios était arrivé à son terme, il fallait procéder au renouvellement. C’était d’autant plus important dans le contexte de la mise en place d’un nouveau projet pour succéder à l’EPRA à l’horizon 2013.

L’EPRA, c’est 170 radios qui produisent des programmes dans leurs territoires en vue d’un échange avec les autres radios. A l’origine, ces productions traitaient des thématiques de l’immigration, plus récemment de la vie sociale et culturelle des habitants des quartier populaires.

Durant les deniers mois, en 2012, les financements publics du GIP EPRA avaient été très fortement réduits (environ 50% ) ce qui avait conduit certaines radios à des licenciements. Ce qui témoignait aussi du manque d’intérêt du précédent gouvernement pour l’EPRA. (Lire à ce sujet : EPRA moribond sur MédiasCitoyens.org)

Beaucoup de radios et leurs organisations représentatives se sont mobilisées pour défendre leur travail dans l’EPRA en obtenant le soutien des élus et en mobilisant la presse. L’EPRA représente une nette amélioration à la fois de leur production, d’enrichissement des programmes et pour la prise de parole dans les territoires.

MédiasCitoyens : Lundi, sept représentants de radios soutenus à la fois par le SNRL et la CNRA ont été élus...

Patrice Berger : Pour la première fois les deux organisations représentatives des radios associatives ont mené le combat en commun pour la défense de l’EPRA et pour la réflexion prospective avec les ministères sur l’avenir du GIP. Tout naturellement elles ont été conduites à recommander sept candidatures pour le collège des radios. Le SNRL est très satisfait de leur élection car ces représentants auront le rôle de porter les propositions d’évolution du GIP pour les prochaines années. Ce qui nécessitera un travail intense en lien avec l’ensemble des radios membres. Un travail d’imagination, de recherche de nouvelles ressources, de nouvelles thématiques.

MC : Parmi les sept élus, il y trois représentants de la région Rhône-Alpes ?

PB : Oui, les radios de Rhône-Alpes sont nombreuses et extrêmement actives au sein de l’EPRA !.

MC : Quelles sont les premières pistes de réflexion pour le nouveau projet de l’EPRA ?

PB : L’EPRA a été un outil essentiel au service de l’amélioration de la production et de la diffusion des radios associatives sur les thématiques liées à l’immigration tout d’abord, puis liées aux quartiers populaires. Le GIP doit poursuivre son action au service des missions de communication sociale de proximité des radios, en dynamisant la production et les échanges de programmes sur les thématiques multiples autour desquelles se construisent les territoires d’aujourd’hui : culture, écologie, éducation, santé, lutte contre les discriminations, économie sociale et solidaire... La diffusion est aussi un enjeu à ne pas négliger. Les programmes sont produits pour être échangés et diffusés. Nous devrons trouver une forme d’incitation pour une meilleure diffusion des programmes EPRA par les radios françaises.

MC : Quelles seront les prochaines étapes ?

PB. : Tout d’abord nous souhaitons rencontrer les différents ministères concernés par le travail de l’EPRA. Les organisations représentatives ont sollicité des rencontres. Mais il y a beaucoup de travail à faire. L’enjeu est aussi de construire ce nouvel EPRA avec toutes les radios, par exemple à travers des actions régionales, plus proches des adhérents.

Ont été élus au CA de l’EPRA comme représentants des radios associatives :

- Radio News FM (Isère) : Farid Boulacel (CNRA)
- Radio d’Ici (Loire) : Patrice Berger (SNRL)
- Radio Scarpe Sensée (Pas-de-Calais) : Hervé Dujardin (CNRA)
- Radio Grille Ouverte (Gard) : Yves Defago (CNRA)
- Radio Jet FM (Loire-Atlantique) : Loic Chussaux (SNRL)
- Radio Tropiques FM (Ain) : Etienne Vanpouille (SNRL)
- Radio 2ter (Haute Garonne) : Luc Magrina (CNRA)
(Ces sept représentants siègent au CA aux côtés de représentants de l’Etat, de Radio France International et de l’ACSE)

T.B.


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