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Une mauvaise idée : une solution financière à une crise financière

La sociologue américaine Saskia Sassen était à Lyon en mars 2009 dans le cadre du salon Biovision. L’occasion pour Gérard Wormser de la revue Sens Public et pour Radio Pluriel d’enregistrer un entretien avec l’auteur de la Mondialisation Centrifuge.

Une mauvaise idée : une solution financière à une crise financière : le titre de l’article paru dans le numéro de février de la revue Sens Public est le thème de cet entretien où Saskia Sassen développe un point de vue très critique sur les solutions apportées par les gouvernements à la crise. suite

ECOUTER L’ENTRETIEN DE GERARD WORMSER AVEC SASKIA SASSEN

"Les banques traditionnelles vendent votre argent. Les financiers, contrairement aux banques traditionnelles, vendent de l’argent qui n’existe pas. Si bien que les financiers partent de n’importe quelle somme à votre disposition (qu’il s’agisse de 10 000 dollars ou de 10 milliards de dollars) et ils doublent ou triple votre mise. Ce qui signifie que puiser dans l’argent des contribuables pour alimenter le système financier donne aux financiers plus que du grain à moudre : il leur donne un levier financier.

(...) A chaque fois que l’argent des contribuables était utilisé pour injecter des liquidités dans le système financier, les financiers s’en sont servi pour réaliser un effet de levier financier. C’est ce que les financiers font. On ne peut pas leur reprocher. Mais nous pouvons choisir d’avoir recours à une solution qui ne soit pas financière pour faire face à cette crise."

Le début de l’article de Saskia Sassen paru dans la revue Sens Public de février 2009 donne le ton. "C’est presque irrationnel de donner aux financiers les instruments pour accroître ce qui nous a conduits au bord de la falaise", poursuit la professeur de sociologie de l’université de Columbia.

En démontrant l’innocuité de cet effet de levier, Saskia Sassen prouve la nécessité de trouver une solution qui ne soit pas financière et pose la question de l’économie réelle : "Que se passerait-il si la solution choisie pour contrer la crise financière consistait à relancer l’économie en s’assurant qu’une grande variété essentiellement de petites mais aussi de moyennes entreprises soient secondées pour générer rapidement une activité ?".

Une solution qui relancerait cette économie "réelle" en développant l’emploi et donc la consommation. Car les PME sont généralement les structures les plus créatrices d’emplois...

Saskia Sassen

La sociologue espère enfin, qu’après avoir injecté des sommes considérables dans le système financier, le président américain saura prendre de telles initiatives. "La proposition d’Obama de dépenser deux trillions de dollars dans l’économie réelle ne saurait être mise en place trop tôt", conclut-elle.

Cet espoir semble particulièrement partagé par Gérard Wormser, le philosophe et directeur de la revue Sens Public. Dans son introduction au même numéro de février, il analyse la victoire d’Obama comme celle du politique sur le financier et sur le moralisme : "Barak Obama recevant dans le bureau ovale. Il n’est pas de symbole plus fort d’une immense victoire politique. Et, ai-je envie d’ajouter, d’une victoire gagnée contre les avocats de l’éthique. Que n’a-t-on entendu médire de la politique quand les avocats d’affaires et les juristes d’entreprises, au nom des conseils d’administration et des actionnaires, réussissaient à imposer les contrats privés, les effets de levier et les chartes internes au détriment des équilibres de gestion ?"

Le philosophe français et la sociologue américaine se sont rencontrés en mars dernier autour des micros de Radio Pluriel :

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T.B.


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