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A l’occasion de la journée mondiale pour la terre

Préserver les Terres Agricoles Fertiles

A l’occasion de la journée mondiale pour la terre du 22 avril, des acteurs de la "Biovallée" drômoise se sont regroupés pour organiser samedi 25 avril une journée de "Plaidoyer pour la Terre" à Vercheny (26).

Un plaidoyer essentiel pour éradiquer ce mouvement insensé qui nous conduit à épuiser toutes les ressources naturelles nécessaires à notre propre survie.

Un plaidoyer essentiel pour redire, inlassablement, l’urgence écologique. suite

La planète " Terre" est-elle en passe de devenir une " poubelle ?" En 30 ans, nous avons consommé 30 % des ressources naturelles de la planète et à peu près tous les écosystèmes sont en déclin. 70 % de la nature sera détruite en 2032. Du fond des mers où nous entreposons nos déchets industriels et militaires, jusqu’aux couches les plus élevées de l’atmosphère, nous avons colonisé, pollué, détruit à peu près toutes les zones qui forment notre habitat. L’homme est en passe d’être rattrapé par ses besoins les plus élémentaires : besoin d’air pour respirer, besoin d’eau pour boire, besoin de sol pour s’alimenter, besoin de climat stable pour vivre en sécurité.

La grande majorité des scientifiques nous confirme que refuser de prendre en compte les valeurs de qualité et de rareté de l’eau, de l’air et de la terre représente un aveuglement qui sera lourd de conséquences pour l’avenir des humains. Du nord au sud, nous sommes tous exposés aux crises environnementales que nous avons déclenchées. Jusqu’ici, jamais aucune génération n’a remis en cause la pérennité de l’homme sur la terre. Si dans les 10 ans, nous ne changeons pas de route dans les pays industrialisés avec leurs consommateurs à pourvoir, c’est une crise qui nous touchera au plus profond de nous. Cette nature, sa beauté, goudronnée, violentée, dégradée, bétonnée, souillée, ne fait que renvoyer en miroir l’image que nous avons d’elle à l’intérieur de nous. Désormais affranchie de la nature, la nature s’est tue en nous et nous croyons que les impératifs sociaux économiques et politiques sont primordiaux pour notre avenir. Les fuites en avant technologiques ne cessent de favoriser l’émergence de nouveaux facteurs susceptibles d’amplifier la crise qui nous menace.

Les sols sont les fondements de la biodiversité. De leur qualité et de leur préservation dépend aussi notre propre survie. Pourquoi ?

Tout d’abord parce que 80% de la biomasse vivante vivent dans le sol. Il y a toute une vie souterraine sous nos pieds. Le sol s’oxygène et de l’humus se forme. Sans humus, les animaux qui vivent en surface meurent. Le sol contient un véritable écosystème fait d’un mélange de matières minérales et organiques : racines, microbes, champignons, lombrics, … prolifèrent et rythme la respiration du sol, le protège et le font vivre.

Un patrimoine fragile

L’agriculture productiviste est la cause majeure de la dégradation des sols que l’on constate quasiment partout. En effet, cette agriculture intensive que nous connaissons ne considère le sol que comme une matière inerte sans faire attention à sa dimension vivante. Les pesticides ont tendance à éliminer toute la faune souterraine, souvent invisible. De plus, les engrais phytosanitaires, utilisés, intensément favorisent la minéralisation des matières organiques. Autrement dit, plus on emploie d’engrais, plus on appauvrit le sol… et plus on a tendance à ajouter encore plus d’engrais. Au fil des années, le regard porté sur les quelque 100 000 molécules mises sur le marché a lentement évolué.

Les ravages des pesticides dans le milieu agricole ont fini par faire parler d’eux : en 1999, la MSA, la Mutualité Sociale Agricole a constaté que quelque 100 000 agriculteurs souffraient de troubles de santé causés par une utilisation trop fréquente des pesticides. Dans la foulée, la MSA a lancé une grande enquête nationale visant à mesurer l’effet de ces produits sur la santé de ses utilisateurs.

Ce cercle vicieux est renforcé par le labourage trop intensif et profond.

Quand on laboure à plus de 10 cm de profondeur, on perturbe fortement l’équilibre de la vie souterraine. Le labourage contribue à tasser les sols, ce qui a pour conséquence que le sol sera moins aéré, l’oxygène ayant plus de mal à pénétrer. L’humus s’appauvrit. Pire, alors que normalement un hectare de sol absorbe 4 tonnes de C02 de l’atmosphère, un hectare labouré émet 1 tonne de C02.

Les terres fertiles sont un patrimoine menacé. Conséquence de ces phénomènes, le sol se dégrade un peu dans toutes les régions : des chercheurs de l’INRA, Institut National de la recherche agronomique, ou du LAMS, le Laboratoire d’analyse microbiologique des sols en Bourgogne, ont mesuré que chaque année chaque hectare de surface perd 10 tonnes de sol ! Dans certaines régions, la perte peut atteindre 30 voire 40 tonnes de sol par ha.

Tout simplement par le phénomène de l’érosion : un sol moins vivant, moins riche, retient moins l’eau, et s’érode plus vite. L’érosion favorise la disparition de la « bonne » terre et favorise tant le ruissellement que les inondations.

Que faire pour préserver les sols ?

Tout d’abord, il faut changer d’attitude et faire attention, tout simplement. Considérer le sol comme un élément vivant et fragile auquel qu’il faut entretenir est le point de départ.

Pratiquement, évitez les abus d’engrais chimiques et préférez les engrais naturels. Essayez les pesticides naturels : il existe plusieurs techniques qui fonctionnent bien et vous feront faire des économies.

Pratiquez une agriculture qui évite le labour au maximum.

Privilégiez la culture en semis direct sous couvert végétal qui permet au sol de se reconstituer.

En 2002, la Commission européenne a lancé une politique de protection des sols. En effet, environ 16 % de la superficie de l’Union, soit plus de 50 millions d’hectares, souffrent de dégradation, tandis que, dans les nouveaux Etats membres, elle atteint environ 35 %. Les atteintes sont variées : érosion, atteinte à la biodiversité, chute de la teneur en matières organiques, contaminations, salinisation, urbanisation.

Le saviez-vous ?

Plusieurs civilisations ont déjà disparu pour avoir épuisé leur terre. C’est le cas des Mésopotamiens, dont les cultures ont fini stérilisées par leur irrigation trop chargée en sels minéraux. Les peuples de la vallée de l’Indus, située dans l’actuel Pakistan, ont disparu pour la même raison.

Chaque année 66 000 hectares de terres cultivables disparaissent, soit un département français tous les 10 ans ou une ferme toutes les 20 minutes en France et toutes les 3 minutes en Europe. Les intrants (engrais chimiques, pesticides, herbicides, énergies fossiles) épuisent les sols depuis plus de 50 ans.

Quelles préservations et soins devons-nous apporter aux terres cultivables fertiles ? Des lanceurs d’alertes scientifiques et paysans nous prouvent que l’humanité doit réviser radicalement son projet de civilisation pour préserver l’avenir de nos enfants et de notre planète.

ENSEMBLE, nous échangerons nos compétences, nos orientations pour une TERRE qui puisse préserver la vie, la biodiversité et nourrir les Hommes…

Lors de la « Journée pour la Terre 2009 » nous nous mobilisons afin que « plus aucunes terres fertiles ne soient détournées de sa destination alimentaire ».

Biovallée® : « Plaidoyer pour la terre »

Samedi 25 Avril 2009 Vercheny- 26400

(A l’ École des enfants de Paris – Vercheny le Bas).

Coorganisateurs de cette initiative citoyenne : Conseil Local de Développement du Val de Drôme – Conseil Local de Développement du Pays Diois – Ecologie au Quotidien – Terre de Liens Rhône-Alpes – Fondation R. Ardouvin – Le CFPPA du Diois – Ligue des Droits de L’Homme Diois – Alliance Paysans Ecologistes Consommateurs Drôme – l’Arrêt Public – Mouvement de Culture en Biodynamie.

Au programme

11h : Profil cultural par le CFPPA de Die

12h : Repas tiré du sac, ou produits locaux en vente sur place

14h : Accueil et présentation de la journée

14h45 : Ateliers thématiques

1. Construire en zone rurale hors des zones agricoles, où et comment ? ( auto, écoconstruire, écovillages, Quartiers solidaires, etc..)

2. Comment favoriser les installations agricoles (familiales,jardins partagés, AMAP, vivrières ou professionnelles) ?

3. Plan Local d’Urbanisme ( PLU) : quelle marge de manœuvre ont les municipalités pour préserver les zones fertiles ?

16h30 : Respiration musicale

16h45 : Restitution des ateliers

17h30 : Echange

18h15 : Regard distancié, intervention de Thierry Geffray, éleveur.

18h30 : Respiration musicale

18h45 : Echange entre les CLD Drôme et Ardèche : quelles sont les

mutualisations possibles : pratiques, réflexions, informations… ?

20h : Projection du film « Larzac, 1971-1981 » avec Michel Terrail, paysan.

Sur place produits locaux, crêpes, buvette,stands associatifs…

Participation Financière Libre

Partenariats : Biovallée® - Région Rhône-Alpes- CCVD

Claude Veyret (APIS)


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