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Gaz de schiste - rassemblement de Lézan : pour une véritable alternative énergétique.

A Lezan, dans les Cévennes, près de 5000 personnes se sont réunies les 26, 27 et 28 août pour manifester leur opposition à l’exploitation des gaz de schistes. Trois jours de rencontres et de réflexions autour de débats et notamment d’un "village des possibles" pour construire l’alternative autour d’une "convergence citoyenne pour une transition énergétique".

La CEN - la Coordination de la nouvelle éducation populaire - y était présente. L’occasion de retrouver la chronique d’André Duny, son animateur, sur Radio BLV.

A lire ici aussi la déclaration de Lézan : "Convergence citoyenne pour une transition énergétique".

L’occasion enfin de revenir sur l’état actuel du débat autour du gaz de schiste avec les derniers communiqués de la FRAPNA, et du collectif 69 "stop au gaz de schiste". Inquiets de l’attitude du gouvernement face à ce dossier après l’adoption en juin dernier d’une loi en trompe l’œil, les acteurs de l’écologie en appellent à plus de transparence.

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Ecouter la chronique "Pour un monde meilleur" d’André Duny sur Radio BLV

Lézan - 26, 27, 28 août 2011

La déclaration de Lézan :

Convergence citoyenne pour une transition énergétique Déclaration de Lézan – Gard, le 28 août 2011
Préambule
Notre Convergence citoyenne pour une transition énergétique est le fruit d’une prise de conscience née de la mobilisation contre l’extraction des gaz et huiles de schiste. Nous avons élaboré cette déclaration les 26, 27 et 28 août, et validée en assemblée plénière le 28 août.
Pour assurer l’avenir des générations futures, la Convergence, affirme comme nécessité :
la reprise en main par les citoyens des décisions qui les concernent ; le refus de la marchandisation de la nature et de ses ressources, notamment en dénonçant les pièges du capitalisme vert ; la définition de la terre, de l’eau, de l’air, de l’énergie, et du vivant comme biens communs inaliénables et accessibles à tous.
Remettant en cause le système économique et productiviste dominant, la Convergence se donne une feuille de route.

1 : Instaurer le contrôle citoyen des instances politiques soumises à la logique des multinationales revient à instaurer :
Une démocratie directe grâce des espaces citoyens d’échanges, d’information, de confrontation et de décisions ; Une assemblée citoyenne d’expertise plurielle et transparente qui exclue tout conflit d’intérêt ; La séparation entre les pouvoirs financiers et les médias ; Un travail de convergence sur les questions de société avec le mouvement social et ses organisations.

2 : S’engager sans délai pour la transition énergétique suppose de :
Réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre à la hauteur des exigences exprimées par l’accord des peuples de Cochabamba, accord adopté par la Convergence de Lézan et joint en annexe de la présente déclaration ; Se libérer d’une surconsommation qui coûte plus aux pauvres qu’aux riches ; S’orienter vers une sobriété et une efficacité énergétique ; Arrêter la course aux énergies fossiles ; Abandonner toute expérimentation, exploration et exploitation d’hydrocarbures compris dans la roche mère et off-shore ; Arrêter le nucléaire civil et militaire ; Arrêter la production et l’utilisation industrielles des agro-carburants ; Mettre la priorité sur le financement public de la recherche et des expérimentations citoyennes sur les énergies renouvelables ; Libérer les brevets captés par les multinationales ; Organiser la relocalisation avec la réappropriation publique et territoriale des moyens de production et de distribution de l’énergie (régies communales, coopératives, sociétés d’intérêt collectif, etc.) incluant systématiquement le contrôle citoyen ; Réorienter les politiques publiques des secteurs énergivores tels que l’agriculture intensive, les transports, le logement et l’urbanisme, l’industrie et la grande distribution ; Exiger la reconversion des filières concernées en accord avec les travailleurs et les usagers.

3 / Organiser dès à présent la convergence des luttes nous engage à :
Articuler les mobilisations contre les gaz et huile de schiste, le nucléaire, les OGM, les incinérateurs, les agro-carburants et toutes les luttes sociales et environnementales ; Faire converger les luttes, les mobilisations, les alternatives et les expérimentations en associant le combat écologique aux luttes sociales ; Œuvrer pour l’émergence d’un nouveau projet de civilisation indispensable face aux enjeux climatiques, à l’épuisement des ressources naturelles et plus généralement au chaos dans lequel nous mène le capitalisme ; Poursuivre régulièrement la Convergence citoyenne initiée à Lézan, en se connectant avec les mobilisations du local au mondial ; Inscrire nos mobilisations dans un calendrier international contre le G20, du 1er au 4 novembre 2011, lors du sommet sur le climat de l’ONU à Durban début décembre 2011, lors du Forum Alternatif Mondial de l’Eau du 10 au 18 mars 2012, lors du Sommet Rio + 20 début juin 2012.

La Convergence citoyenne pour une transition énergétique s’associe à la pétition portée par « Los Indignados » auprès de la Commission européenne pour la sortie du nucléaire, contre l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures compris dans la roche mère, contre la culture et la commercialisation des OGM et pour un audit des dettes des Etats européens.

Globalisons la lutte, globalisons l’espérance !

Cette déclaration est partagée par les partenaires de la « Convergence citoyenne pour une transition énergétique » et ceux qui veulent s’y joindre pour la soutenir.
Contact : organisation@convergenceenergetique.org
http://www.convergenceenergetique.org

A lire sur le site la-cen.org, la position de la Coordination de la Nouvelle Education Populaire, sous la plume d’André Duny :

La Cen, avec ses modestes moyens, entend contribuer non seulement à des convergences protestataires utiles (cf retraites), mais à la convergence des alternatives, pour le changement de système afin d’assurer les bases de la vie.

Les effondrements en cours (maintes fois repris et diffusés par les associations alternatives cf « Changez le système pas le climat », dont la Cen) imposent le plus large des rassemblements…Et ce, sans exclusive !

Ils exigent d’inventer car « Là où croit le péril naît ce qui sauve » : une vie bien meilleure peut résulter d’une mutation radicale des moyens de produire consommer se cultiver apprendre se soigner se nourrir se loger se chauffer…bref de vivre !

En résumé, il s’agit pour nous de sortir du système (économie mondialisée du Capital, états à son service, démocratie libérale concours de beautés aux mains des marchés, systèmes symboliques organisant le consensus des conscience en faveur du progrès par la croissance infinie et la compétition des égoïsmes) et non seulement de l’amender ou de le réguler (voir la brochure diffusée aux Rencontres d’été : « Crises en sortir » par Denis Bayon (3 E +port)

Pour ce faire, la Cen propose de renouer à la fois avec l’histoire du mouvement ouvrier qui inventa la sécu à travers les sociétés de secours mutuel, et avec l’écologie sociale qui relie l’écologie au social, la démocratie directe à l’intégration des cités à taille humaine au vivant local.

On peut disposer d’un puissant levier lors des prochaines municipales, par le moyen de très larges listes unitaires comprenant au moins 10% des habitants bref avec tous ceux celles qui contestent protestent et cherchent l’alternative !

Via cette démocratie directe territoriale (DDT comme l’écrit la Cen en clin d’œil), la société civile peut commencer ou plutôt concrétiser sa prise en main de l’économie de la politique de l’écologie mais aussi d’une culture de co-construction de co création !

Elle peut se servir des expériences de Marinaleda, Porto Alegre, Mondragon, Vandoncourt, et autres cités expérimentant le budget participatif, et des outils des multiples éducations populaires dont ceux de la petite Cen : enquête action, priorisation des besoins par immeuble ou quartier, AG d’habitan/tes co-constructives, écritures et projections sur l’espace public…) comme des médias alternatifs et citoyens, comme des nouvelles formes de mobilisations combinant Internet et action directe …

Chauffage, logement, alimentation, transports…sont vitaux au temps des crises en train de s’additionner en effondrements

On peut assurer la relocalisation la socialisation et la reconversion écologique des moyens de production économiques les plus vitaux (énergies, logement, alimentation…) en priorité en les faisant passer sous contrôle social et ce, sous diverses formes : fédération de scops, SCIC, crédit municipal…car peut-on encore sans délégation impérative confier ce contrôle à l’Etat pour des nationalisations aux mains des élites sinon à risquer une nouvelle étatisation ?

On peut par la DDTi commencer à se passer des banques, des grandes surfaces, des multinationales, des médias menteurs, des castes politiciennes tout en créant des emplois durables et non délocalisables, tout en réduisant les inégalités sociales, tout en assurant des gratuités aux plus pauvres tout en taxant les mésusages tout en diminuant drastiquement les rejets de CO2, tout en assurant une répartition des richesses plus égalitaire, tout en développant une vie sociale et culturelle intense, le tout sans croissance quantitative et sans actionnaires…

On peut ainsi voir croître le bien vivre solidaire et la convivialité.

« Le suprême degré de la sagesse est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu’on les poursuit » W.Faulkner

« Là où croit le péril naît ce qui sauve ». Höderling

« Les utopies sont comme des enveloppes de brumes sous lesquelles s’avancent des idées neuves et réalisables. »B Ruyer

Communiqué de presse de la FRAPNA du 15 septembre

 :
Hydrocarbures de schistes : Les rapports doivent être rendus publics sans délai !
Pourtant très attendus par tous ceux qui se battent depuis des mois, les rapports des détenteurs de permis d’exploration de gaz et huile de schiste ne seront vraisemblablement pas rendus publics avant quelques semaines. La FRAPNA demande la publication de ces rapports sans délai.
Un délai injustifié
Dans son article 3, la loi du 13 juillet 2011 précise que les titulaires des permis de recherche doivent remettre, dans un délai de deux mois, à l’autorité administrative un rapport précisant les techniques employées ou envisagées dans le cadre de leurs activités de recherche. Les permis devant être abrogés en cas d’utilisation de la technique de fracturation hydraulique.
D’après le ministère de l’industrie, le gouvernement rendra son avis sur chaque permis le 13 octobre comme convenu et publiera les rapports des pétitionnaires à cette occasion. Rien ne justifie aujourd’hui la mise en place d’un tel délai pour la communication des rapports, ni d’un point de vue juridique, ni d’un point de vue politique. Cette démarche est inadmissible pour la FRAPNA.
En finir avec le secret
Pour Eric FERAILLE, Président de la FRAPNA, « l’administration ne respecte pas de manière intentionnelle des principes constitutionnels d’information du public depuis le début de cette affaire. Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec les pratiques administratives qui entretiennent le secret sur des questions aussi essentielles que la politique énergétique et les risques industriels ».

Communiqué de presse du Collectif 69 Stop au Gaz de Schiste

M. Fillon refuse de répondre à la demande de retrait des permis d’exploration du "gaz de schiste", vers un recours devant le Conseil d’Etat ?
Alors même que les pétroliers avaient annoncé il y a quelques mois que la seule méthode connue pour effectuer recherches et exploitation du gaz de schiste était celle de la fracturation hydraulique, ils confirment aujourd’hui au moment de rendre leur rapport au gouvernement qu’ils seront en mesure de faire une exploitation « propre », grâce à une méthode «  acceptable ».

Nous affirmons que la loi promulguée le 14 juillet ne règle en rien la question des « gaz de schiste », elle est une loi en trompe-l’œil, cherchant, par la voie législative, à dédouaner le gouvernement de sa responsabilité. Le dépôt d’une nouvelle proposition de loi à l’automne en est une preuve mais renvoie de nouveau à la représentation nationale la responsabilité de trancher cette question.

Le code minier prévoit que ce que l’administration fait, elle peut le défaire si les conditions ne lui semblent pas réunies, appliquant ainsi une forme de « principe de précaution ». Or, dans le cas présent, les plus vives inquiétudes concernant la santé de la population, la protection des ressources en eau et la préservation de l’environnement persistent.

A l’initiative de Muriel Bodin, avocate spécialisée en droit public et droit de l’environnement, membre du collectif 69 « Stop au gaz de schiste », une lettre demandant le retrait des permis Borloo a été adressée au Premier Ministre François Fillon le 14 juillet 2011. L’envoi de cette lettre ouvrait un délai de deux mois pour obtenir une réponse du Premier Ministre et, le cas échéant, engager un recours devant le Conseil d’État.
Cette lettre a été envoyée, accompagnée des 100 premières signatures de citoyens engagés contre ces permis. Depuis, plus de 5500 citoyens ont soutenu cette action, inquiets des conséquences sanitaires et environnementales de ce « nouvel eldorado qui rend dingo » (Cf. Le Canard Enchaîné).

Nous prenons ce jour acte de l’absence de réponse du gouvernement et allons maintenant concerter les collectifs et les citoyens qui soutiennent cette action afin de décider si nous formons recours devant le Conseil d’État.

Nous vous tiendrons informés de la suite de notre démarche le jeudi 22 septembre 2011 à 19h au cinéma Le Comoedia à Lyon à l’occasion d’une projection du film « Gasland » et d’un débat public organisé par le Collectif 69.


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