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Tous fichés, suite

Enquête des RG sur les pratiques religieuses des agents des collectivités locales

Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes rend publique une enquête "choquante" des RG

Mardi 16 septembre, les services de la Direction des Ressources Humaines du Conseil Régional de Rhône-Alpes reçoivent un mail particulièrement surprenant, dont le style ne laisse place à aucune ambiguïté :

« Auriez-vous l’amabilité de m’indiquer si parmi votre personnel, vous avez des agents de confession autre que chrétienne. Dans l’affirmative pouvez vous me dire si certains d’entre eux ont demandé des aménagements d’horaires ou de service pour pratiquer leur religion. Cette étude est faite à la demande des maires de France. Merci de me répondre par mail. Cordialement. »

Une enquête des RG sur les pratiques religieuses

L’expéditeur du message : un employé de la Sous-Direction de l’Information Générale (SDIG) de la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP) du Rhône, beaucoup plus connue sous son ancien nom : les Renseignements Généraux (RG).

On comprend alors que les RG, spécialistes du fichage en tout genre ont été chargé de faire discrètement ce qu’Edvige ne pourra pas faire ouvertement. Retour aux bonnes vieilles méthodes.

Jean-Jack Queyranne condamne

Mais manifestement, Jean-Jack Queyranne, le Président du Conseil Régional, ne semble pas quant à lui être un fervent adepte de ces méthodes traditionnelles. Mercredi 1er octobre, il envoie un communiqué de presse pour dénoncer publiquement la démarche des Renseignements Généraux : "A l’heure où, dans notre pays, les débats sur les libertés publiques et l’utilisation des données personnelles susceptibles de figurer dans les fichiers informatiques sont, à raison, particulièrement vifs, le Président de la Région Rhône-Alpes condamne cette pratique et demande au Gouvernement de clarifier sa position."

Le communiqué dénonce aussi l’alibi de l’enquête : "La DDSP du Rhône a affirmé agir sous couvert d’une demande faite, selon elle, par l’Association des Maires de France, ce que cette dernière dément formellement."

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Communiqué de presse (1er octobre 2008)

Ce communiqué fait suite à une lettre au Ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie dans laquelle Jean-Jack Queyranne se dit choqué de cette demande qui "pourrait laisser supposer que nous gardons trace des convictions religieuses de nos agents, ce qui constituerait une pratique manifestement illégale et contraire à la tradition républicaine".

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Lettre au Ministre de l’Intérieur

Troublantes pratiques

Ce qui est surprenant dans cette affaire n’est finalement pas tant la démarche des Renseignements Généraux qui ne font que passer une limite en plus, celle de la discrimination religieuse... Ce qui est par contre remarquable est la réaction de M. Queyranne. Force est de constater que de plus en plus d’élus se voient obligés de s’élever contre des pratiques étatiques. Jeu politique ? Certes. D’autant qu’il est tout de même maladroit de lancer une telle enquête auprès des collectivités locales dont une très grande partie est désormais dirigée par des majorités de gauche. A l’heure où la bataille fait rage autour du fichier Edvige et des projets sécuritaires du gouvernement, le Président de Rhône-Alpes a beau jeu de s’emparer de ce manque de clairvoyance des zélés services de l’Etat.

Il n’en reste pas moins que l’existence de ce type de résistances parmi les élus est un signe particulièrement inquiétant quant à la dimension prise par les pratiques sécuritaires actuelles.

T.B.

03/10/08

Dans un communiqué de presse daté du 03 octobre, le Groupe UMP-Radical et Apparentés "condamne ces agissements et se félicite de la rapidité et de l’aboutissement de l’enquête".

Le groupe UMP se range derrière les arguments de Jean-Jack Queyranne tout en manifestant son soutien à la ministre de l’Intérieur :

"Suite à l’information concernant les demandes de renseignements adressées par un agent de la SDIG de la Direction Départementale de la Sécurité Publique du Rhône (DDSP, anciennement les Renseignements Généraux) à la DRH du Conseil Régional Rhône-Alpes, le groupe UMP fait part de sa réaction :

Le Groupe UMP-Radical et Apparentés condamne ces méthodes en totale contradiction avec la liberté de culte et la liberté de pensée des personnes.

Le Groupe UMP, par la voix de son Président Jean Claude Carle, trouve indigne de tels agissements qui n’ont pas leur place dans les procédures employées.

Les mesures de sécurité pour protéger nos concitoyens doivent s’effectuer à l’aune des principes républicains qui nous animent.

Au-delà des aspects polémiques qui ne doivent pas s’exercer ici, le groupe UMP se réjouit également de la rapidité avec laquelle a été menée l’enquête diligentée par > Madame Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur, et la fermeté des sanctions engagées.

Ces méthodes sont donc à proscrire et n’ont pas leur place dans nos dispositifs régaliens."

T.B.

04 octobre 2008


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