MediasCitoyens

Editorial du 13 Novembre 2008

L’enthousiasme général autour de l’élection de Barak Obama prouve finalement combien Bush et sa politique néo conservatrice étaient honnis par l’opinion mondiale.

Il prouve aussi combien le monde a besoin d’espoir dans ces périodes chaotiques au goût de crise économique et financière et de guerres à répétition. Espoir cristallisé dans la personnalité hors du commun du nouveau président américain. Aussi est-il aisé de plonger dans un manichéisme simpliste considérant l’un comme responsable de tous les malheurs du monde et l’autre comme un sauveur universel. Lire la suite

Outre l’aspect très irrationnel de cette dynamique et tous les atouts réels que l’on peut voir dans l’élection d’Obama, ce qui est notoire est la redécouverte d’un autre aspect des Etats-Unis : celui de cette démocratie modèle où la liberté est reine... cette même liberté qui permet aux Américains de choisir le meilleur comme le pire et d’exprimer ainsi le double visage de leur pays : côté pile, Obama ; côté face, Bush...

Une autre incidence particulièrement positive à cette élection historique est justement la possible sortie d’un système particulièrement manichéen et dogmatique dans le domaine des idées politiques. En cela, la conséquence de l’élection américaine semble sensiblement similaire à celle de la crise financière. Ces dernières années, il était impossible de penser le monde en dehors du prisme libéral néo-conservateur à droite ou des dogmes révolutionnaires latino-américains à gauche. Que va devenir par exemple la politique d’Hugo Chavez au Vénézuéla qui justifie toutes ces décisions politiques par la lutte nécessaire contre les méchants impérialistes américains ? Dans un système manichéen, l’adhésion à l’une des deux parties ne tient qu’au rejet de l’autre...

Entre deux, la social-démocratie (le social-libéralisme aurait dit Bertrand Delanoë avant la crise), happée par le libéralisme, a perdu son espace politique et ses idées. Les actuelles querelles intestines au Parti Socialiste sont là pour le prouver, remplaçant les débats d’idées par de stériles oppositions de personnalités.

Il faut dire que le terrain politique est mouvant et rendu confus à souhait. Nicolas Sarkozy apparaît dans ce domaine comme un excellent "surfeur". Après avoir cité Jaurès et Blum pour justifier un programme néo conservateur inspiré de la politique de Georges bush, il se prend à soutenir et se réjouir de l’élection d’Obama, l’adversaire de son mentor. Il faut dire que son pragmatisme (d’aucuns diront opportunisme) l’a aussi amené à prendre, comme ses pairs étrangers, des mesures anti-libérales pour soutenir le système économique libéral face à la crise financière...

Mais ces revirements anti-libéraux ne sont qu’un aléa temporaire. En même temps que les gouvernements tentent de sécuriser les marchés, les mesures de libéralisation à outrance des échanges mondiaux continuent. Nul gouvernant n’a parlé ces derniers temps de sécuriser le système alimentaire mondial qui génère pourtant la sous alimentation de plus de 920 millions de personnes dans le monde... (cf l’article sur la journée mondiale de l’alimentation) Il semblerait pourtant que les solutions dans ce domaine soient bien moins coûteuses que celles consistant à réparer les errances infantiles des banquiers du monde entier.

C’est d’ailleurs ce moment qui est choisi par le gouvernement pour subtilement insérer dans un texte de loi la possibilité de travailler jusqu’à 70 ans. Au-delà des avantages et inconvénients connus de cette mesure, réside un fait économique et social notoire : le recul annoncé du secteur non marchand. Jusqu’alors, détachés de l’intérêt strictement économique, les retraités actifs nourrissaient de leur dynamisme les associations non lucratives jouant un rôle social essentiel. Ces actifs pourront désormais continuer à créer richesse, produits de consommation et pollution dans des activités marchandes plutôt que de s’adonner à un travail solidaire librement choisi...

L’occasion de redire l’importance de l’alternative que représente le secteur de l’économie sociale et solidaire que Médiascitoyens et les radios associatives de Rhône-alpes ont choisi de mettre en valeur ce mois de novembre, à l’occasion des Rencontres Solidaires en Rhône-Alpes (aller à la rubrique Rencontres Solidaires).

Rappelons qu’en parallèle, la réflexion de nos médias se porte sur les processus de citoyenneté et de démocratie participative à l’occasion notamment des Assises de la Jeunesse des 21 et 22 novembre (aller à la rubrique Assises de la Jeunesse) et de la rencontre régionale de la démocratie participative du 29 novembre (Aller à la rubrique Rencontre Régionale...). Pauvreté, précarité, lutte contre les discriminations sont autant de sujets de réflexion fondamentaux nécessaires à la compréhension du monde actuel dans ses interactions avec nos territoires régionaux.

Autant de sujets où il est important que les médias associatifs continuent à jouer leur rôle de communication sociale de proximité en donnant la parole à ceux qui ne la prennent jamais.

T.B.


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