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Economie Sociale et Solidaire : une autre agriculture pour demain ?

Une émission en public de Radio Semnoz, ; enregistrée à Annecy le 6 novembre 2010
70 personnes ont assisté le 6 novembre à l’émission réalisée par Radio Semnoz à la MJC Novel d’Annecy dans le cadre des Rencontres Solidaires. Une émission qui a rassemblé de nombreux représentants d’une économie agricole alternative, sociale et solidaire autour du thème : "Economie sociale et solidaire et agriculture de demain".

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L’économie sociale et solidaire permet d’appréhender autrement notre rapport à la question alimentaire : manger autrement, produire autrement, inventer de nouvelles formes où citoyens et paysans se retrouvent autour dune économie à taille humaine...

Les AMAP, les Associations Pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne sont des exemples de cette volonté d’organiser autrement notre consommation et nos productions alimentaires. Elles proposent un partenariat direct entre producteurs et consommateurs, contractualisé dans le cadre d’une association.

Dans son émission enregistrée en public le 6 novembre dernier à la MJC Novel d’Annecy, Radio Semnoz fait parler les AMAP à travers quatre voix : celle de Daniel Vuillon, le créateur des AMAP en France, celle d’Odile Ducret, maraichère pour l’AMAP Les Verts de Terre à La Roche-sur-Foron, celle de Cécile Pourat, de Novel Amap à Annecy et celle de Jacques Rourat de l’association Terre d’Union.

C’est une démarche proche de celle des AMAP, basée sur la distribution de paniers et un rapport direct entre producteur et consommateur que mettent en œuvre des structures d’insertion comme les Jardins de Cocagne. C’est pourquoi Gilles Soulhac de Radio Semnoz avait aussi invité Florence Aupiais du jardin de Cocagne Pousses d’avenir et Emmanuel Mosse de la Ferme de Chosal.

Daniel Vuillon, créateur des AMAP

Pour Daniel Vuillon, leur créateur, les AMAP, sont des alternatives au productivisme alimentaire. Le concept des AMAP est né au Japon dans les années 60. "Changer le système est une démarche qui part de chacun de nous" explique Daniel Vuillon, qui insiste sur le partenariat étroit entre les paysans et les familles dans une AMAP. Un partenariat qui implique que l’on retrouve un accord avec les rythmes naturels, loin des "caprices de consommation" qui nous font manger du raisin au mois d’avril... Aujourd’hui, "L’acte d’achat est plus important politiquement qu’un bulletin de vote", affirme-t-il.

Le concept des AMAP n’est pas fait pour concurrencer les marchés, explique-t-il encore. Ceux-ci restent essentiels dans les rapports entre paysans et consommateurs. Par contre l’objectif des AMAP est bien d’agir contre le système alimentaire mis en place par la grande distribution.

Le succès des AMAP

A la question : est-il possible de s’organiser autrement pour produire et manger autrement ? Les AMAP répondent "oui". Toutes les AMAP ont des listes d’attente de consommateurs désireux de pouvoir adhérer. A la Roche-sur-Foron, l’AMAP Les Verts de Terre a été créée en 2009. De 40 paniers (adhérents) la première année, la production est passée à 80 en 2010, suffisant à faire vivre le couple de maraichers.

A Annecy, la toute nouvelle Novel Amap est née en septembre 2010. Déjà 60 familles adhérentes et 70 en liste d’attente. Il s’agit pourtant d’une AMAP pour l’instant sans légumes. Elle distribue de la viande, du fromage ou du pain, mais le manque de terres agricoles dans l’agglomération d’Annecy rend difficile la production locale de légumes...

Du côté des structures d’insertion, Jardin de Cocagne ou Ferme de Chosal, le succès est le même. La vocation des Jardins de Cocagne est l’insertion sociale de personnes en difficulté par le maraichage bio. Pousses d’Avenir emploie 17 personnes en insertion et 4 salariés permanents. Le jardin produit 160 paniers par semaine.

La ferme de Chosal emploie 63 personnes handicapées dans le cadre d’une démarche d’agriculture sociale. Elle emploie aussi 35 salariés permanents. Elle assure la distribution de paniers aux adhérents mais aussi de la production de fleurs, ou l’entretien d’espaces verts.

Le problème foncier

L’association Terre d’Union a pour vocation le développement d’AMAP dans l’agglomération d’Annecy. Jacques Rourat explique le problème foncier majeur de ce territoire. Comment produire local lorsque le territoire n’a plus de terres agricoles disponibles ? La pression foncière dans cette région frontalière est un frein très important au développement de cette agriculture.

"Des espaces de liberté et de création"

Le succès de ces structures tient aussi essentiellement à leur dimension locale. Le circuit-court économique est créateur d’emplois et se conjugue à la proximité entre producteur et consommateur pour tisser sur le territoire un lien social, économique et culturel entre les habitants.

Pour Daniel Vuillon, "les AMAP sont des espaces de liberté et de création". Ces expériences sont des espaces où le maître mot est "solidarité", où l’éthique fait prédominer le respect, la transparence et la concertation. Des lieux indépendants et autonomes où les liens entre les citoyens construisent le territoire autrement.

Ne pourrait-on imaginer, qu’à l’instar d’une politique qui a longtemps incité au productivisme, les politiques agricoles aujourd’hui pourraient inciter à cette autre manière de faire, bien plus bénéfique aux territoires, aux citoyens et à la santé publique que des flux mondiaux d’import-export alimentaires ?

Thierry Borde

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