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EPRA renouvelé mais pas sauvé

Le 31 mars, l’assemblée générale de l’EPRA a annoncé la prolongation du GIP jusqu’à fin 2012 mais avec un budget réduit. Un soulagement pour les radios, face aux craintes récentes de disparition de l’EPRA. L’occasion aussi de se mobiliser pour la pérennité de cet outil indispensable au service des contenus radiophoniques de qualité.

Par Patrice Berger

L’Epra -– Echanges et Productions Radiophoniques - aura vingt ans en 2012. Au début il est né du constat fait par le ministère des affaires sociales, que les radios associatives présentes dans toute la France étaient pour les travailleurs immigrés et leurs familles un beau lieu d’expression et de rencontres. Permettre aux radios d’enrichir leurs programmes avec les apports des journalistes de Radio France Internationale et des experts de l’Institut du Monde arabe, telle était l’ambition du départ. Et ce qui grandit, ce fut le réseau : la découverte par les radios elles mêmes et par les pouvoirs publics, de notre force commune. Ce qui est vécu, ce qui est pensé à Roubaix, au Panier, à Longwy, à la Guillotière, à Belleville, à Saint Denis de la Réunion peut apporter des connaissances, des émotions à partager partout.

Aujourd’hui, l’archive des émissions, numérisée et de plus en plus aisément accessible représente une richesse commune dont nous n’avons pas encore assez pris la mesure et que nous pourrions utiliser et faire utiliser beaucoup plus. Nous sommes capables aujourd’hui dans nos fédérations régionales ou dans nos regroupements thématiques de proposer, comme nous avons appris à le faire avec l’Epra, des productions et des diffusions collectives, des couvertures d’événements. Et nous en avons mesuré la valeur, nous savons le négocier avec nos partenaires.

A l’heure où les pouvoirs publics s’interrogent sur l’existence de médias de proximité implantés dans les quartiers populaires, une spécificité française très robuste crève les yeux, à côté des blogs de quartiers, des télés participatives, des journaux urbains, le plus fort, le plus riche des réseaux, c’est bien celui que nous formons, les radios associatives : riche de potentiel, d’enthousiasme, plus que de sous. L’ Epra est une belle représentation de ce potentiel de production et d’échanges. Nous étions inquiets sur sa pérennité alors que l’actuel GIP se terminait le 31 mars 2011.

Lors de l’AG finale de ce GIP, nous apprenons qu’il sera prolongé dans son statut actuel jusqu’à fin 2012, mais avec des financements réduits. L’avenir reste ouvert mais il ne s’éclaircira que si nous, les radios, savons, plus que nous ne l’avons fait, illustrer, valoriser, défendre et innover. Les étapes depuis vingt ans du développement de l’ Epra ont beaucoup dû à nos propositions. Nous sommes capables de les intensifier dans les tous prochains mois, il y a va de la survie et du renforcement de cet outil unique. Les potentiels du numérique peuvent nous y aider, le fort regroupement de producteurs Epra que nous avons construit en Rhône-Alpes est pour cette bataille une force considérable, que nous avons la lourde tâche de transformer en force collective, en vecteur de projets et d’orientations nationales.

Patrice Berger est président de Radio Pluriel à Lyon et co-président de la CRANC-RA


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