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EPRA moribond

Le Conseil d’Administration de l’EPRA (Echanges productions radiophoniques) s’est enfin réuni jeudi 29 mars. Pour consacrer la volonté des pouvoirs publics de laisser mourir cet outil démocratique essentiel à la vie des radios et au travail sur les thématiques liées à l’immigration.

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La nouvelle est tombée il y a quelques jours. Jeudi 29 mars 2012, le Préfet Hervé Masurel, secrétaire général du Comité Interministériel des Villes a été nommé président du GIP-EPRA. Cette nomination était très attendue puisque la vacance de la présidence a déjà coûté très cher au GIP « Echanges productions radiophoniques » (pas de président, pas de réunion de Conseil d’Administration, pas de budget...). Mais l’on peut s’interroger sur le choix d’Hervé Masurel, secrétaire général du CIV qui vient de supprimer la subvention de l’EPRA et qui s’était déjà fait connaître en 2009, affirmant des médias de quartier : « « quand on bénéficie d’aides publiques, on est tenu à un devoir de réserve » (Lire Libération du vendredi 30 mars) !

Conséquence finalement attendue : le budget 2012 baisse, et les faibles sommes allouées aux achats de programmes ne serviront qu’à payer les émissions non diffusées accumulées depuis fin 2011...

171 radios associatives sont membres du GIP EPRA. Certaines produisent un volume de programmes tel qu’il représente une part significative de leur budget annuel. Déjà nombre de salariés dont l’activité se concentrait autour de la production d’émissions EPRA ont été licenciés ou sont en voie de l’être.

Outre l’inconséquence économique de telles décisions qui menacent l’existence d’autant de radios locales, il s’agit bien ici aussi de l’abattage d’un outil unique au monde, au service de la connaissance interculturelle et de la lutte contre les discriminations.

C’est pourquoi il est important de continuer de se mobiliser pour que vive le GIP EPRA.

Déjà le combat pour l’EPRA se popularise grâce à un excellent article d’Hervé Marchon paru dans le quotidien Libération du vendredi 30 mars : Radio : les associatives en voie de désintégration

Le combat continue aussi sur le site Sauvons l’EPRA

Devant la gravité de la situation, et prouvant l’attachement des radios à cet outil remarquable, le SNRL et la CNRA travaillent ensemble à préserver l’avenir l’EPRA. Leur solution est simple : ouvrir les thématiques de l’EPRA le plus largement possible afin de faire intervenir les financements d’autres ministères que celui de la Ville... Nous publions ci-après l’intégralité du communiqué de presse commun CNRA – SNRL.

Communiqué

Lundi 2 avril 2012

Déjà en 2006, Monsieur Jacques Toubon, alors président du GIP-EPRA, évoquait la nécessité de relancer l’activité de cet outil de coopération : « le groupement d’intérêt public (GIP) me paraît devoir être considéré comme un instrument particulièrement pertinent et efficace pour favoriser l’intégration républicaine, la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des chances ».

Après lui, sous la présidence de Monsieur Richard Senghor, l’EPRA a pu moderniser l’outil tant techniquement que qualitativement, lui offrant ainsi une résonance accrue auprès des acteurs institutionnels et privés en butte aux problématiques de cohésion sociale. Malgré l’effort d’optimisation des ressources consenti depuis 2009, on tente aujourd’hui d’asphyxier et de faire disparaître ce dispositif en lui coupant ses financements, ce qui met non seulement en péril le potentiel de sensibilisation des habitants aux questions locales, sociales et culturelles du vivre ensemble mais menace les radios en termes d’emploi et de modèle économique.

Les radios peuvent entendre que le ministère de la ville ne souhaite plus soutenir à lui seul la charge quasi intégrale du financement du GIP, pour autant, une solution alternative existe qui permettrait de ne pas casser un outil unique en Europe et dans le monde que les radios et l’Etat ont mis 20 ans à construire. La solution est simple et cela fait plus d’un an que nous la proposons. Elle passe par l’ouverture de l’EPRA à un plus grand nombre de thématiques (ministères de la ville, de la culture, direction en charge de l’immigration bien sûr, mais au-delà départements ministériels en charge notamment de la solidarité, de la santé, de l’éducation, de l’emploi, des droits des femmes, de l’environnement, de la jeunesse et des sports et de la vie associative).

Les radios membres du Conseil d’administration de l’EPRA représentant les 171 radios du réseau, la Confédération Nationale des Radios Associatives et le Syndicat National des Radios Libres, organisations représentatives de la quasi-totalité des 650 radios du secteur des radios associatives en appellent à un arbitrage de Monsieur le Premier ministre afin que soit programmée dans les plus brefs délais une réunion interministérielle qui puisse garantir à tous les acteurs la mise en œuvre concertée d’un modèle économique pérenne pour l’EPRA à partir de janvier 2013, qui permette avant tout la prise en compte des attentes des parties prenantes des politiques de la Ville et celles des auditrices et des auditeurs.

Les membres élus du collège radio du Conseil d’administration de l’EPRA, Radio Clapas, Radio Campus Dijon, Radio Zinzine, Radio Grésivaudan, Radio Trait d’Union, Radio Oxygène, Radio Radio

Pour la CNRA - Luc Magrina - Membre du bureau national - radio2bis@yahoo.fr

Pour le SNRL - Patrice Berger - Délégué national à la lutte contre les discriminations - p.berger888@laposte.net


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