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CNRA : Congrès annuel et lancement de la RNT

Le Confédération Nationale des Radios Associatives (CNRA) organise son 17ème congrès national à Paris le vendredi 5 novembre 2010. Une journée consacrée à la radio associative et à son avenir en présence du Ministre de la Culture. L’occasion aussi pour la confédération, d’un communiqué de presse demandant le lancement immédiat de la Radio Numérique Terrestre. Ce communiqué fait suite à deux appels précédemment lancés par d’autres acteurs radiophoniques. (A ce propos, lire aussi : La RNT aura-t-elle lieu ?)

De manière désormais traditionnelle, les deux dates phares qui font l’actualité des radios associatives en France sont celles des congrès nationaux des deux syndicats qui les regroupent : la CNRA (Confédération Nationale des Radios Associatives) et le SNRL (Syndicat National des Radios Libres). Après le congrès du SNRL à Nantes en mai dernier, la CNRA organise son rendez-vous annuel le 5 novembre prochain à Paris.

Au programme, entre assemblée plénière et ateliers, et en présence du ministre de la culture, la question du numérique bien-sûr, mais aussi le financement des radios de catégorie A et le FSER (Fond de soutien à l’expression radiophonique), l’accès à la culture des publics les plus éloignés, ou encore le renouveau des radios associatives...

Consulter le programme

En amont de cette rencontre, la CNRA publie un communiqué de presse pour appeler à son tour au lancement rapide de la RNT. En marquant toutefois ses différences...

Le communiqué de la CNRA :

La CNRA pour un lancement immédiat de la RNT

Reçue le 24 juin dernier par Monsieur David Kessler, la CNRA a réaffirmé son absolue volonté de voir la Radio Numérique Terrestre (RNT) démarrer en France et pointer à cette occasion les sujets qui lui semblent faire obstacle à ce lancement tout en soulignant avec la plus grande clarté les points qui, pour elle, ne sauraient faire l’objet d’aucune concession.

Le lancement de la RNT demeure une absolue nécessité pour nos radios, comme pour les citoyens, pour que l’exploitation du bien public hertzien reste le garant de l’expression et du pluralisme des opinions ciments originels de notre démocratie. Cette évidence qui dépasse donc l’intérêt général du seul secteur d’activité de la radio touche à la vision même que l’on peut avoir de l’épanouissement de chaque individu dans notre société. Le simple fait de ne pas vouloir comprendre les différences fondamentales qu’il y a entre un modèle IP payant pour l’auditeur et un modèle (hertzien) gratuit relève de l’acte idéologique dont la portée et la force politique sont très lourdes de sens.

Mais, la CNRA pense que nos médias ont un rôle dans l’organisation de notre société qui ne peut être traité sous le seul angle de la propension de certains acteurs à conserver leur position voire, en fait, à la rendre hégémonique, elle pense également qu’on ne peut mettre en péril inconsidérément un secteur d’activité (la FM) dont le dynamisme ne trouve pas d’égal dans le monde.

Ainsi, nier que le lancement de la RNT pose des problèmes économiques majeurs pour chacune des catégories radiophoniques existantes n’est pas envisageable pour la CNRA. Ce point doit être abordé et réglé pour réussir le lancement que nous appelons de nos vœux. Pour la CNRA cela passe par :

- Une qualité sonore très significativement plus performante que celle de la FM ou de l’IP. La RNT doit pouvoir bénéficier d’un avantage concurrentiel fort face à aux autres supports de diffusion. Cette vision oblige à réserver une part importante de la bande passante de chaque radio à l’audio et donc à constituer des bouquets limités à 8 radios.

- Limiter l’offre radiophonique ou plus exactement la prioriser. Qu’il s’agisse des marchés publicitaires ou des fonds publics pour les radios associatives (FSER), les ressources du secteur radiophonique peuvent peut-être encore croitre mais dans des proportions limitées. L’ignorer en privilégiant à outrance l’arrivée de nombreux nouveaux entrants relèverait, pour nous, d’une forme d’irresponsabilité. La RNT doit donc permettre une arrivée limitée de nouveaux entrants et privilégier dans la construction des plans de fréquences les impératifs de développement des acteurs actuels de la FM. Cette vision obligera également nécessairement le secteur associatif à discuter avec le Ministère de la Culture et le CSA de la notion de service radiophonique « subventionable ».

- Une hybridation des supports accrue. Il s’agit bien ici de privilégier la mise en place de « passerelles » automatique entre la RNT, la FM et l’IP. Les intérêts seraient multiples. On pourrait obtenir une continuité du signal entre zones couvertes par la RNT et zones non couvertes, réduire la puissance et le nombre d’émetteurs par zone de diffusion RNT en apportant ainsi une solution Indoor y compris pour le traitement des données associées, l’utilisation d’une voix retour ou la mise en place d’usage d’écoute en différé.

- Arrêter le débat sur la norme dont certaines organisations se servent plus pour justifier de leur inaction passée sur le sujet que dans un réel intérêt pour les auditeurs ou nos radios. Sur ce point la position de la CNRA est simple :

- Une seule norme doit être mise en place et non deux, au libre choix des multiplexes (ou opérateurs).

- Si la CNRA avait à choisir elle se prononcerait plutôt en faveur du DAB+ et surtout depuis qu’est annoncé l’arrivée de BIFFS (ou équivalent) dans cette norme. Pour la CNRA, la norme T-DMB et DAB+ sont des normes sensiblement identiques dont l’intérêt s’appréciait pour l’une (DAB+) en fonction d’un rapport de coût favorable et pour l’autre (T-DMB) en fonction de ses possibilités réelles d’interactivité avec l’auditeur et de compatibilité immédiate avec les récepteurs de type smartphone (qui pour nous reste encore à prouver). Aujourd’hui, les possibilités d’hybridation et l’évolution de la norme DAB+ rendent clairement cette norme plus compétitive que le T-DMB.

- Cependant, pour la CNRA le plus urgent n’est pas la norme mais bien le démarrage de la RNT. Si cela nécessite de démarrer en T-DMB, pourquoi pas ! Dans tous les cas il sera très simple de passer d’une norme à l’autre dès lors que les textes le permettront.

- Une nouvelle façon de considérer les couts de diffusion de la RNT.

Le coût de diffusion en RNT est présenté comme un obstacle majeur à son déploiement. Pour nous la question est mal posée. En effet, à chaque fois que le problème est posé il l’est sur la base de solutions techniques très optimisées (prévoyant notamment une couverture Indoor importante) nécessitant donc beaucoup d’émetteurs de forte puissance. Il est également en dehors de toute négociation tarifaire.

Pour la CNRA, si l’on tenait compte de ces paramètres, le coût annuel de diffusion d’un réseau national, dont on dit qu’il se situe aujourd’hui autour de 3 millions d’Euros se situerait, pour les trois premières années, plus proches de 800 mille Euros.

1. Un financement public spécifique et clair pour les radios associatives

La CNRA avait obtenu, grâce au travail mené avec le Ministère de la Culture et de la Communication et l’un de ses inspecteurs généraux (Monsieur Emmanuel Hamelin) que le déploiement de la RNT face l’objet dans la loi de finance 2010 d’un abondement spécifique de 2 millions d’Euros. Ce budget doit être impérativement reconduit pour l’année 2011 et croitre d’année en année suivant le plan triennal initialement prévu.

2. Ne surtout pas donner de date de suppression de la FM !

La question de la suppression de la bande FM est de plus en plus fréquemment posée notamment par le CSA et les industriels (récepteurs). Cette action nous semble totalement inconcevable !!! La CNRA y est totalement et vigoureusement opposée !!!

La RNT doit pouvoir s’imposer par les avantages qu’elle procurera et non en substitution forcée à l’usage de la FM. Ceci, alors même que la preuve est faite grâce à, l’hybridation des supports et de la complémentarité de ses moyens de diffusion. Si un arrêt de la FM devait être envisagé, il ne le pourrait qu’au regard de critères objectifs de couverture atteinte par la RNT et de niveau d’équipement de réception des ménages.

Contact :

Hugues de Vesins, direction@cfmradio.fr, 06 07 45 65 93

Vice-Président de la Confédération Nationale des Radios Associatives


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