30 ans de radios
Ce choix du statut associatif par les radios au début des années 80 correspond au choix de l’économie sociale et solidaire de nombreuses structures aujourd’hui. Un choix qui permet de se définir comme structures économiques au service du bien vivre ensemble dans les territoires, en-dehors d’une économie financière qui prouve au quotidien qu’elle n’est pas celle de l’humain mais celle de la déconstruction sociale. C’est pourquoi, après avoir développé une conscience plus accrue de cette alternative économique parmi ses adhérents, notamment à travers les participations régulières aux Rencontres Solidaires, la CRANC-RA a tenu à accompagner le processus des Etats Généraux de l’ESS cette année.
Médias de l’économie sociale et solidaire et de ses acteurs, les radios associatives et les médias de communication sociale de proximité sont au cœur des réseaux citoyens qui composent cette autre économie. Des réseaux où se retrouvent toutes les nouvelles mobilisations porteuses de cette « indignation » prônée par Stéphane Hessel. Réseaux alternatifs et solidaires où se croisent tous les acteurs des différentes lames de fond citoyennes que sont aujourd’hui l’ESS, l’écologie, ou encore les nouveaux usages collaboratifs si créatifs dans le monde du web 2.0.
Depuis leurs origines, les radios associatives, médias de l’ESS, sont porteuses de ces alternatives, du plateau du Larzac en 1977 à la mobilisation contre le gaz de schiste en 2011, des luttes ouvrières des années 70 aux indignés d’aujourd’hui, en passant par leur lutte incessante pour exister dans un monde où les médias dominants sont devenus outils financiers.
Au cœur de ces réseaux citoyens qui peinent souvent à se rencontrer, au croisement de ces lames de fond, les radios associatives peuvent être aujourd’hui les médias de la convergence des luttes. Outils de transformation sociale, elles ont su accompagner ces mouvements depuis 30 ans. Les mobilisations nouvelles marquent maintenant un tournant dans ce processus, né de la conscientisation citoyenne face aux urgences sociales et écologiques. Mais elles doivent elles aussi savoir prendre ce tournant sur le long chemin des combats citoyens. Un chemin qui passera par la pérennisation du travail accompli dans les territoires, mais aussi par le développement des coopérations avec tous ces nouveaux acteurs et vers les nouveaux espaces citoyens du 21ème siècle : espaces numériques collaboratifs où foisonne la créativité alternative autour des nouveaux outils de résistance aux modèles dominants que sont les technologies libres.
Thierry Borde
